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Regardez Ce Que Cette Fille Va Oser Faire Dans Une Cabine Dessayage

Gentlemen,

En ces périodes de soldes, certains d’entre vous vont passer un peu de temps dans la cacophonie des cabines d’essayages des grands magasins.

Ayant vu tellement d’énormités et de conseils ahurissants de vacuité prodigués par des vendeurs dont l’unique but est de vous vendre ce costume, même en soldes, le plus cher possible et surtout le plus vite possible, voici quelques conseils faciles à appliquer mais qui devraient vous être très utiles. Car après tout, acheter moins cher un costume c’est bien, mais acheter moins cher un costume qui vous va vraiment, c’est mieux non ?

Car la règle d’or en matière de style personnel s’appelle l’autosuffisance.

Il vous faut, gentlemen, être autonomes dans tous les sujets touchant à votre élégance personnelle et particulièrement à l’ajustement de vos costumes. Vous devez donc vous entraîner à reconnaître tout de suite ce qui vous va ou pas et surtout ne pas écouter le vendeur volubile, même s’il est sympathique.

Car une fois à l’intérieur de la cabine d’essayage, entourés de miroirs, de rubans et d’épingles, la plupart des hommes, étrangement, renoncent à poser leurs questions à propos de style et s’en remettent à l’expertise souvent plus que douteuse (voire la plupart du temps usurpée) des vendeurs en boutique.

Il y a longtemps, lorsque la mode masculine était moins volage et que les tailleurs en boutique étaient beaucoup mieux formés aux fondamentaux de l’élégance et aux codes vestimentaires, poser des questions sur l’ajustement d’un costume et les retouches à faire pour le faire correspondre parfaitement à votre morphologie, était un acte courant et normal.

Aujourd’hui, il est important de comprendre que la personne qui va retoucher votre costume le fera en se conformant aux instructions du vendeur de la boutique. Et ces instructions sont malheureusement, souvent les mêmes : dans un souci d’économie maximum (surtout pour les costumes bas de gamme), il s’agira, pour le vendeur, de vous faire croire que le costume vous va très bien (alors qu’il sera trop grand à 90% du temps) et ainsi d’effectuer le moins de retouches possible. Le vendeur de base en boutique n’étant désormais, qu’un rouage dans la chaîne de production du magasin, son obsession sera de vendre un maximum de costumes avec un minimum de retouches. Belle époque non ?

Heureusement, savoir choisir et savoir faire retoucher un costume n’est pas si compliqué que l’on veut bien nous le faire croire. Cela s’apprend, tout simplement.

Revenons aux fondamentaux : un costume en prêt-à-porter (PAP) a été conçu et fabriqué pour convenir à une morphologie « standard ». Et comme il n’existe pas deux personnes parfaitement identiques, seul un homme sur cent pourra « sauter » dans un costume PAP et repartir directement avec, sans aucune retouche. Donc le plus vous serez cultivés sur la manière dont, par exemple, une veste de costume doit « tomber » pour respecter au mieux votre architecture personnelle, le plus vous aurez de chances de ressortir de la boutique avec un costume qui vous ira vraiment et qui valorisera votre silhouette.

 

Consommation Pierre Boudis n’a pas pu accompagner sa compagne aux essayages chez Zara.

C’est une mésaventure qui laisse un goût amer à Pierre Boudis. Vendredi 8 avril, dans l’après-midi, le quadragénaire et sa compagne font du shopping à Bruxelles. Ils se rendent dans le magasin Zara, avenue de la Toison d’Or.

"Ma compagne a choisi six tenues à essayer. Après quelques minutes d’attente, une cabine se libère, mais une jeune employée me refuse l’accès aux cabines. Elle m’a dit : "C’est interdit aux hommes, vous devez attendre dehors." J’en suis restée bouche bée" , nous dit-il. "C’était un ordre bien clair. Je me suis demandé dans quelle société on vivait pour séparer hommes et femmes."

À bien y regarder, Pierre Boudis et sa compagne remarquent un homme qui attendait sa compagne lui aussi avant le "couloir des cabines" . Une jeune fille a, quant à elle, pu suivre son amie dans ledit couloir des cabines d’essayage. Fâché, le couple a "planté là les vêtements" et est sorti du magasin avec la ferme intention de boycotter l’enseigne espagnole.

Pierre Boudis explique qu’il n’avait aucune intention malveillante : "Je voulais simplement être derrière le rideau et donner mon avis sur les vêtements, aller éventuellement chercher une autre taille… Ce n’est plus possible aujourd’hui chez Zara !"

Le quadragénaire ne décolère pas. Il s’interroge les volontés du vendeur qui aurait clairement refusé toute "mixité hommes-femmes" près des cabines d’essayage.

"C’est une démarche choquante. Je ne sais pas si interdire l’accès du couloir qui jouxte les cabines à un homme qui accompagne une femme est vraiment légal." Il qualifie même cette discrimination de "ségrégation sexiste" .

Plainte envisagée

Pierre Boudis ne compte pas en rester là. "Je suis triste de vivre dans une société dont les valeurs et les acquis sont ainsi bêtement galvaudés et remis en cause dans l’indifférence générale", continue le client en colère.

"Je ne vais pas rester sans rien faire", nous précise-t-il. "Je vais écrire à Zara et demander des explications."

Il envisage de porter plainte au centre de l’Egalité des chances. "Je me pose la question. Je vais peut-être déposer une plainte . En fait, je me demande ce qui se cache vraiment derrière cette philosophie du magasin. Un de mes amis m’avait rapporté la même anecdote il y a quelques semaines, dans un magasin de la même enseigne à Bruxelles et je n’avais pas voulu le croire… Maintenant, je le déplore."

"Il s’agit d’un malentendu"

Contacté par la rédaction, le manager du Zara incriminé, avenue de la Toison d’Or, se défend. Il réfute toute discrimination liée au sexe. "On peut refuser l’accès aux accompagnants, peu importe leur genre, les jours de grande affluence. On leur demande de rester hors de la zone des cabines d’essayages. C’est le cas le samedi, par exemple. Ou probablement vendredi après-midi dernier. On était en période de congés scolaires, il se peut qu’il y ait du monde" , précise-t-il.

Pierre Boudis balaie cet argument : "Il y avait quatre personnes devant nous et quatre derrière. Ça allait relativement vite. Une jeune femme accompagnait son amie et moi, on m’a vraiment fait savoir que je ne pouvais y aller parce que j’étais un homme."

Quand on évoque ce fait, le responsable ne comprend pas ce qui a pu se passer. Pour lui, il s’agit simplement et "malheureusement" d’un malentendu. Il tient à préciser et à insister sur le fait que les hommes restent les bienvenus pour donner leurs avis. "Si on leur interdit l’accès, c’est une question de logistique, pas une question de sexe" , poursuit celui qui gère essentiellement le département homme. "Il faut que les employés puissent circuler aisément et que les clients puissent - eux aussi - disposer des cabines et y accéder sans encombres. C’est le cas les samedis et les jours de grande affluence, c’est tout ce que je peux vous dire."

Laura Cerrada

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